jeudi 2 mars 2017

On the road (ou presque).


Jeudi dernier, 12 heures et des poussières, je ferme la porte du bureau. Je suis en vacances. Le temps de rentrer chez moi, de déjeuner, de finir mon sac et je suis partie. Je dépose ma Poilue chez ses grands-parents, un petit café et je prends la route, au volant d'un autre Bolide que le mien. Déjà, il faut que je me familiarise avec le bouton Start pour le démarrage, ce qui n'est pas si facile que ça, mon Bolide fonctionne à l'ancienne, avec une clé. Je roule tranquillement et j'arrive au premier péage. Je prends un ticket et au moment de redémarrer, la voiture s'arrête le capot sous la barrière levée. J'appuie sur Start, rien. Derrière moi, les gens s'énervent aussitôt, dans un concert de klaxon. Tout est une simple question de confiance en soi (je crois que c'est toute l'histoire de ma vie !) parce que plutôt que d'imaginer que ce Bolide puisse avoir un problème, je me fustige en me disant que je suis vraiment nulle de ne pas réussir à le redémarrer... Les gens continuent d'hurler, d'insulter. Pas seulement ceux dans la file derrière moi, mais ceux sur les voies parallèles, aussi. Enfin quoi, je ne vois pas que je gêne tous le monde ? (Je suis la première gênée, mais personne ne semble le remarquer...). Par contre, pour aider... J'appelle une amie, qui me dit que pour redémarrer c'est facile, il suffit d'appuyer simultanément sur Start et la pédale de frein. J'inspire, j'expire. Je m'exécute. Rien. Je continue de me fustiger mentalement. Je n'ai qu'une envie, réussir à redémarrer cette voiture pour de bon et aller me garer un peu plus loin pour évacuer ce stress qui est à son summum. Je tente de mettre les warning et là, rien. Et je comprends que donc, non, peut-être que le problème ne vient pas de moi. J'appelle un autre ami. Et puis une dépanneuse, aussi. Enfin, la dépanneuse c'est un monsieur de la société qui gère l'autoroute qui l'appelle non sans m'avoir hurlé dessus qu'il n'était pas question que je me fasse remorquer par un particulier, ce que je n'avais même pas envisagé, mais au point où j'en étais des mots doux, je pouvais bien en recevoir quelques-uns de plus... La dépanneuse arrive enfin. Le dépanneur, certainement plus doué dans la communication mécanique que verbale, ouvre le capot. Tripote la batterie et déclare son décès. Redémarre le Bolide et me dit "Vous pouvez repartir, mais SURTOUT ne calez pas !". Un énième petit coup de pression, comme si j'en avais besoin... Me voilà donc repartie direction le garagiste, en redoutant de caler, ce qui finalement n'arrivera pas (Hallelujah !) (titre d'une chanson de Léonard Cohen, c'est très important pour la suite de l'histoire...). Selon le garagiste, le problème ne vient pas de la batterie mais d'une cosse (de haricot ?) desserrée. Qu'il resserre en 3 secondes et me souhaite bonne route dans la foulée. Ce que je fais, angoissée à l'idée de caler (oui je sais, ce Bolide n'est plus censé calé mais les angoisses se servent de nos peurs abstraites & irrationnelles pour vivre, hélas !). Il est presque 18 heures et je déteste rouler de nuit. L'auto-radio réclame un code (que je n'ai pas) et au bout d'une heure, je commence à chanter une chanson, il semble d'ailleurs que je n'en ai qu'une dans mon répertoire puisque ce sera la même, jusqu'à ce que j'arrive : Hallelujah. Bien sûr, je ne connais que le refrain. Hallelujah, répété 4 fois. Je refuse de m'arrêter tant j'ai peur de caler (oui, encore), je tombe dans des embouteillages monstrueux et je flirte sans vergogne avec la bande d'arrêt d'urgence, au cas ou. Et puis j'arrive. Et sur un magnifique Martini Bianco, les vacances peuvent enfin commencer.

Hallelujah ! 

+ 5,7 kilos !

C'est l'histoire d'une fille (inutile de rappeler que ce Blog est une œuvre de fiction, et que les personnages, les faits et l...